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Le Tour de France sera virtuel pour la première fois de son histoire

La pandémie de coronavirus a changé notre façon de faire les choses. Les événements et activités dont nous profitions ont été annulés, fermés ou, dans certains cas, définitivement stoppés. Des versions virtuelles ont vu le jour : réunions, concerts, fêtes, cours, conventions. Cette semaine, un autre événement s’est ajouté à la liste des événements devenus virtuels : le Tour de France.

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Une compétition cycliste de longue date

Le Tour de France a été organisé pour la première fois en 1903 et s’est poursuivi chaque année depuis, à l’exception des deux premières guerres mondiales. À l’heure actuelle, le tour en chair et en os est toujours prévu, bien qu’il ait été reporté au 29 août (il a généralement lieu en juillet).

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Toutes les petites courses cyclistes qui se déroulent habituellement pendant l’été ayant été annulées, le Tour virtuel donnera aux cyclistes une certaine motivation pour s’entraîner, et la possibilité de se comparer à leurs concurrents (dont les habitudes d’entraînement ont sans doute été tout aussi perturbées ces derniers mois). Les participants utiliseront des vélos stationnaires chez eux plutôt que de vrais vélos sur la route, et il existe d’autres différences essentielles entre le Tour virtuel et le Tour réel.

Une organisation bien différente

Pour commencer, le Tour de France est normalement divisé en 21 étapes, chacune étant classée comme plat, accidentée ou montagne. Les cyclistes ont 23 jours consécutifs pour effectuer toutes les étapes, la distance totale étant de 3 500 kilomètres.

Le Tour virtuel sera un peu différent ou, soyons honnêtes, très différent. Aussi différent que possible, tout en étant appelé une course cycliste. Plutôt que de se dérouler sur des jours consécutifs, la course se déroulera sur trois week-ends en juillet, avec six étapes d’une à deux heures chacune. Comme dans la vie réelle, chaque étape aura tendance à être principalement vallonnée, montagneuse ou plate. Ce qui signifie que les participants devront ajuster la résistance de leur vélo d’entraînement et parfois se tenir debout ou s’accroupir pour simuler l’ascension d’une colline.

Des environnements virtuels similaires à la réalité

La course se déroulera sur une plateforme virtuelle appelée Zwift. Zwift n’est pas tout nouveau, il existe depuis quelques années, et il se commercialise comme une application d’entraînement pour les cyclistes, les coureurs et les triathlètes. Les athlètes utilisent un tapis roulant ou un vélo stationnaire en combinaison avec une série de capteurs, ainsi que leur ordinateur portable ou leur smartphone. Ils peuvent accéder à des programmes d’entraînement personnalisés et participer à des courses virtuelles contre d’autres utilisateurs dans le monde entier.

Dans l’idéal, les concurrents du Tour de France virtuel auront devant eux un grand écran simulant leur parcours dans des environnements virtuels, dont certains ont été créés par Zwift spécialement pour cet événement. Pendant les deux premiers jours de la course, les coureurs traverseront à vélo Watopia, un monde virtuel créé par Zwift. Mais la société s’est également empressée de construire de nouveaux mondes personnalisés pour le Tour, imitant principalement les lieux réels où la course se déroule habituellement, notamment le Mont Ventoux, et la ligne d’arrivée sur les célèbres Champs-Elysées à Paris.

Des sensations différentes aussi

Selon un entraîneur cycliste, Zwift peut être plus éprouvant physiquement que le vélo, et ce pour trois raisons : le corps a plus de mal à se refroidir, la résistance du vélo est différente et la motivation diminue parce que vous n’avez pas les sensations du cyclisme en plein air.

Ce dernier point est essentiel. La pandémie s’est déroulée de manière très différente de ce qu’elle aurait été il y a dix ans à peine ; des technologies comme Zoom et Slack ont permis à des millions de personnes de travailler à domicile, nos smartphones nous ont aidés à rester ultra-connectés même lorsque nous étions physiquement séparés, et l’accès rapide aux informations nous a tenus informés de ce qui se passait.

Un Tour virtuel vaut mieux que rien du tout

Bien sûr, parler à nos amis ou regarder des musiciens en streaming sur un écran ne sera jamais un substitut suffisant pour faire ces choses en personne, tout comme rouler à vélo stationnaire dans un monde virtuel ne vous donnera jamais cette sensation de vent dans les cheveux, de route sous les pieds. Mais à une époque où nous n’avons pas d’autre choix que d’apprécier les petites choses, c’est mieux que l’alternative, qui est… rien.

Hélas, selon la façon dont la pandémie se déroulera, nous pourrions nous retrouver dans un avenir très virtualisé, avec des événements que nous n’aurions jamais pensé pouvoir rendre virtuels en trouvant un moyen de le faire. 23 équipes masculines et 17 équipes féminines se sont inscrites à la course de vélo virtuelle, y compris les trois derniers gagnants de l’épreuve réelle. Des « images » seront diffusées dans plus de 130 pays. Espérons que tous les participants disposent d’une connexion internet suffisante.

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